A l'absent...
Envie d'écrire ce matin, mais, bizarement, rien ne sort. Page blanche. L'angoisse monte. Rien que le vide sur la feuille. Pas de sujet d'inspiration... Absence de thème, absence de mot, absence tout court qui me fais soudain penser à... mon père.
Petit dommage à celui qui m'a donné la vie et rien d'autre...
Retour sur soi (ou plutôt sur moi) pour analyser le leg de cet homme dont j'assume le passif depuis si longtemps.
Physiquement d'abord. D'aucun m'a dit un jour que je lui ressemble beaucoup. D'aucun a de la chance puisque d'aucun a vu. Pas moi. Mais moi j'imagine bien. Premier regard. Première humiliation. Mon visage est celui d'un monstre. Regard pervers, vicieux, crâne dégarni, joues pendantes... Tout petit sexe aussi. Forcément ça doit bien venir de quelque part. Et si ça ne me réjouis pas d'avoir une petite bite, ça me fais du bien de penser que c'est à cause de lui...
Psychologiquement ensuite. Si l'éducation monoparentale des 6 premières années m'a rendu plus autonme que je n'aurai dû l'être, l'arrivée d'un beau-père a entrainé des conflits récurents empreints de débilité et d'humiliations diverses, jusqu'à ce que l'âge me donne assez de carrure pour renvoyer la balle. Depuis mon départ de la maison, les rapports se sont considérablement améliorés. La seule "grosse" séquelle, celle qui se perpétue et continue de peser sur mon âme et influe sur ma vie privée, c'est mon aversion pour ce qu'on appelle anniversaire. Pas celui des autres, juste le mien. Celui qui me rappelle que je ne suis rien. Un moins que rien qu'on a fuis comme la peste et qui a longtemps vécu avec la question du pourquoi. Je partage aujourd'hui la vie d'un homme formidable qui réfute ces allégations et peut-être que cette année, il serait bien que nous prévoyions une petite fête pour tenter de destigmatiser ce jour .
Affectivement enfin. Peut être la seule chose pour laquelle je ne lui en veuille pas. Cette absence du père a fort probablement généré ce besoin d'affection reçue d'un homme qui a orienté ma sexualité. Je suis gay et j'aime ça. Ca me plait.
L'héritage ne s'arrête pas là. Restent encore les surprises à venir. Maladies diverses et avariantes qui vont encore se développer, issues d'une hérédité subie.
L'héritage ne s'arrête pas là. Restent encore les surprises à venir. Maladies diverses et avariantes qui vont encore se développer, issues d'une hérédité subie.
Je passe quelqufois devant chez lui, du moins sa dernière adresse connue. Il faudra bien un jour que je m'y arrête. Juste pour voir. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant que la mort ne fasse son oeuvre. Grand bien lui fasse. Il doit approcher les 80 ans. Fils de vieux en plus...
Petit dommage à mon père. Petit dommage à celui qui ne m'a donné que la vie, mais la vie quand même...
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